Les Groupes ethniques à Sapa
La population de la province de Lào Cai est constituée par une véritable mosaïque ethnique. Sur une surface réduite vous pourrez y rencontrer une extraordinaire variété de peuples, certains uniques au Vietnam
Le visiteur peut en effet rencontrer 24 groupes ethniques, chacun ayant sa langue, sa culture et ses traditions propres. Cette richesse culturelle s’explique par la diversité des paysages et des terrains disponibles pour l’agriculture. L’histoire permet également de comprendre pourquoi les hautes terres de la province de Lào Cai sont devenues le refuge de certains groupes ethniques lors des troubles politiques, comme la révolte des Taiping en Chine au XIXe siècle.
Les 7 groupes ethniques les plus nombreux dans la province de Lào Cai représentent plus de 90% du total de la population. On rencontre les groupes suivants : les Kinh (Vietnamiens proprement dit) 35%, les Hmong 22%, les Tay 14%, les Dao (Mien) 13%, les Thai 9%, les Nung 4,5% et les Giay 4,3%. Les autres ethnies : Phula, Hani, Latis, Tu Di, Pin Tao, Tu Lao, Pa Di, Sapho, Lolo, Xa Mang ne sont parfois représentées que par quelques villages et quelques centaines d’individus. .jpg)
 
Histoire et vie sociale
Les Hmong
Les Hmong, appelés depuis plusieurs siècles Miao en Chine, étaient autrefois connus sous le terme Méo en Asie du Sud-Est. Environ trois millions, ils sont dispersés sur un vaste territoire depuis le sud-ouest de la Chine (2 millions) jusqu’au nord du Vietnam (600 000), le Laos (environ 250 000), la Thaïlande (150 000) et le Myanmar (ex-Birmanie) (environ 30 000).
Les principaux sous-groupes présents au Vietnam sont les Hmong Blanc, les Hmong Leng, les Hmong Pua, les Hmong Shi ou Sheu et les Hmong Noir. A Sa Pa, les Hmong Leng sont les plus nombreux, certaines femmes Hmong Sheu et Hmong Pé – avec les jupes colorées et les corsages croisés - viennent du district de Muong Khuong.
A l’origine, les populations Hmong de Chine occupaient de larges plaines au sud du fleuve Yang Tse Kiang. Dès le XVIème siècle, ils ont commencé à migrer vers le sud-est sous la pression démographique, territoriale et politique des Chinois. Au cours de la première moitié du XIXème siècle, les Hmong quittèrent le territoire chinois pour s’installer dans les pays voisins. A cette époque, la grande révolte des Taiping (1850-1872) troubla toute la Chine méridionale (provinces du Guizhou, du Yunnan et du Sichuan) avec pour conséquence de longues famines qui poussèrent de nombreux groupes ethniques à migrer vers le sud. Les Hmong pénétrèrent alors la péninsule indochinoise par le nord du Vietnam où leur présence est attestée près de Lai Chau en 1848. Ces migrations, par vagues successives, furent certainement facilitées par la tradition d’agriculture itinérante des Hmong et par les contacts étroits qu’ils entretenaient avec les caravaniers chinois qui sillonnaient les montagnes d’Asie méridionale depuis plusieurs siècles.
L'économie agraire traditionnelle est aujourd’hui encore basée sur l'élevage familial (porcs, volailles, buffles, chevaux), les cultures vivrières (riz, maïs, manioc) et les cultures commerciales (cardamome et légumes).
L'organisation sociale traditionnelle des Hmong repose sur le clan. Chaque clan est composé de lignages dont l'ensemble des membres se reconnaissent un ancêtre fondateur mâle en commun. La maisonnée hmong, pouvant regrouper sous le même toit jusqu’à quatre générations, est l'unité économique, politique et rituelle la plus importante. Les villages, installés sur les versants montagneux, accueillent plusieurs clans.
Vous les reconnaîtrez à leur costume. Les Hmong Leng de Sa Pa – qui ne s’appellent pas eux-mêmes Hmong Noir - portent encore des vêtements en chanvre teints à l’indigo naturel (bleu noir). Les femmes couvrent leurs chignons avec un turban rigide bleu-indigo. Actuellement, elles ne portent presque plus la jupe plissée en batik et broderie, mais un pantalon court de couleur indigo. Seuls le col, les manches et la ceinture sont brodés de motifs géométriques avec des fils de soie. Les femmes Hmong Blanc du district de Bat Xat portent un pantalon long et noir, et une veste croisée assez courte. Un fichu aux couleurs chatoyantes couvre leurs cheveux. Les femmes Hmong Pua, les Hmong Pé et les Hmong Sheu du district de Bac Ha portent presque les mêmes jupes de batik avec une bande brodée. Les distinctions se font par les motifs et la forme des tabliers.
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Les Dao, appelés depuis plusieurs siècles Man ou Yao en Chine du sud- ouest sont aussi quelques dizaines de milliers au Laos, en Thaïlande et au Myanmar (ex-Birmanie).
Les Dao-Mien sont installés au Vietnam depuis deux à trois siècles selon les régions. L’une des particularités culturelles des Dao est qu’ils possèdent une écriture traditionnelle en caractère chinois. Grâce à leurs textes conservés, nous pouvons retrouver leurs origines dans les provinces du Sud chinois. Les textes sont également le support de leur religion taoïste. Pour les grands rituels taoïstes, les images peintes des divinités et des généraux célestes doivent circonscrire l’espace du rite. Ainsi, l’art de la peinture sur papier et toile se perpétue chez les Dao. Comme les Hmong, autour de Sa Pa, les Dao construisent des rizières en terrasse irriguées par de savants canaux. Ils sont aussi réputés pour l’élevage des cochons et des chevaux.
Les différents groupes Dao de la province de Lao Cai portent généralement des coiffes ou éléments de costume de couleur rouge. Les Dao (Ké Mien) des villages de Taphin et Tavan (district de Sa Pa) ont des coiffes aplaties totalement rouges avec pièces d’argent. Les coiffes des Dao (Ké Mien) du district de Muong Hum (au nord de Sa Pa) sont de forme conique en tissu à fleurs rouges. Les Dao de Bac Ha (Ké Moun) agrémentent leur turban de fils de soie et laine rouge et rose. Les Dao (Iu Mien) du district de Van Ban – au sud de Sa Pa – composent leur coiffe de pompons rouges et jaunes, elle descend bas dans le dos.
Les Tày
Les Tày pratiquent la riziculture inondée de préférence dans les plaines et les vallées. Les villages, constitués de maisons en bois ou en bambou sur pilotis, s'établissent souvent à proximité immédiate d'un cours d'eau. La maisonnée, unité économique de base, est à tendance mononucléaire composée par la famille restreinte.
Les femmes des groupes Tay, Giay, Nung et Thai, portent une veste de couleur vive – rose, verte, ou bleue – à fermeture croisée, souvent des galons de couleurs contrastées ornent le col. Le fichu en imprimé écossais coiffe leurs cheveux tenus en chignon. Traditionnellement, chaque groupe avait sa technique et son style de chignon tenu par des longues épingles en argent, mais cette pratique tend à disparaître. |